
Slalom participe à BAM Open Air Design avec Ecotonos, une installation site-specific qui associe le savoir-faire acoustique de l’entreprise à l’approche conceptuelle du studio UNA/UNLESS, invité par Slalom à concevoir une œuvre explorant le dialogue entre architecture, nature et perception sensorielle.
À sa cinquième édition, la manifestation dédiée au design d’extérieur — conçue par COIMA Image et organisée en collaboration avec MoscaPartners dans le cadre du programme culturel de la Fondation Riccardo Catella — aura pour thème «Frames of Nature», un concept inspiré du langage cinématographique. L’événement explore la manière dont nature et culture peuvent se rencontrer, en offrant au public une expérience en plein air unique et inclusive.
La manifestation représente pour Slalom et UNA/UNLESS une occasion précieuse de raconter, à travers une installation acoustique, la valeur du silence et de l’écoute comme outils de relation avec l’espace public — une invitation à redonner à la ville des lieux de contemplation.
Signée par l’architecte Giulia Foscari, fondatrice du studio UNA/UNLESS, l’installation s’intègre dans l’un des cercles herbeux dessinés sur la pelouse de la Bibliothèque des Arbres, au cœur vert de Porta Nuova. Ces espaces sont dédiés aux entreprises participant à Open Air Design, et sont conçus comme des stands naturels en dialogue direct avec le paysage. L’installation naît comme une extension poétique et conceptuelle du projet Voice of Commons, présenté par UNA/UNLESS comme Projet Spécial de la Biennale d’Architecture de Venise 2025.

Au cœur du parc, un prisme brisé émerge comme une seuil entre deux mondes : la ville et la nature. Ce n’est pas seulement une installation. C’est un dispositif qui reflète, protège, écoute, et qui devient une frontière active entre l’urbanité qui consomme et la biodiversité qui résiste.
L’installation s’intitule Ecotonos — un terme qui, en écologie, désigne les zones de transition entre écosystèmes : une frontière vivante, instable et riche en biodiversité. Ici, il est repensé comme un seuil sensible qui protège la nature du bruit de la ville, et qui offre à ceux qui traversent l’espace la possibilité de se reconnecter à la nature et de redécouvrir le silence comme condition d’écoute.

Sa face tournée vers la ville est diamantée, tranchante, réfléchissante : elle dématérialise les volumes urbains, les renvoyant comme des mirages fantomatiques — comme si la ville ne pouvait se reconnaître qu’en s’observant de l’extérieur, ou plutôt : reflétée dans une surface qui la repousse.
Les Spikes deviennent des instruments de défense écologique : des avertissements, des invitations à la métamorphose.


De l’autre côté — celui tourné vers le parc — l’installation s’ouvre. Elle accueille. Elle atténue le bruit mécanique pour laisser émerger le souffle des abeilles, le chant des oiseaux, le bruissement du feuillage.
Son intérieur, sculpté de cavités régulières, rappelle une ruche : une géométrie vivante, modulaire, qui accueille et protège.
Elle dessine un espace intime où la nature n’est pas un simple décor, mais une voix principale.
Les « petites alvéoles » invitent à la participation, avec des éléments modulaires conçus pour accueillir la vie : graines, abreuvoirs, microhabitats destinés à nourrir et héberger oiseaux et insectes.
La structure se transforme ainsi en un refuge interespèces, un micro-sanctuaire pour la biodiversité.



Cette double orientation est une expression architecturale de la tension qui traverse notre époque : entre l’extraction et le soin, entre la croissance aveugle et l’écoute radicale.
Comme dans la vision de Joseph Beuys, ici « défendre la nature » ne signifie pas l’isoler, mais construire des alliances sensibles avec ce qui nous transcende.

L’installation s’inscrit dans un projet plus vaste : une résonance matérielle de Voice of Commons, le Projet Spécial de la Biennale d’Architecture de Venise 2025, conçu par Giulia Foscari, UNA/UNLESS.
Dans Voice of Commons, l’historique billetterie de Carlo Scarpa, restaurée pour l’occasion, est transformée en Ambassade Planétaire des Biens Communs de l’Humanité — l’Océan, l’Atmosphère, l’Antarctique et l’Espace — et de toutes les formes de vie qui en dépendent.
Conçue comme une station radio pour voix humaines et non humaines, l’Ambassade Planétaire a été isolée acoustiquement grâce aux Spikes développées avec Slalom comme surfaces acoustiques expérimentales, fabriquées avec des matériaux inspirés par la technologie spatiale.

Ici, à BAM, les Spikes réapparaissent, mais elles évoluent.
Elles annoncent une nouvelle étape : la naissance d’une ligne de produits durables, développée par UNA en collaboration avec Slalom, qui réinvente ces formes acoustiques — historiquement fabriquées en mousse de polyuréthane, un dérivé du pétrole — en utilisant des matériaux recyclés, régénérés ou d’origine naturelle.

Cette installation est un seuil non pas formel, mais politique : entre le règne de l’artifice et le droit du vivant ; entre la logique de l’extraction et celle du soin.
Avec ce geste poétique mais armé, le silence, l’écoute et le souffle partagé deviennent des actes de résistance et de fondation.
Un espace de trêve, et peut-être de commencement.


Le cinéma devient le fil conducteur de « Frames of Nature », un thème choisi pour sa capacité extraordinaire à attirer et à captiver à travers des contenus narratifs et des installations immersives. Un langage universel, évocateur et immédiat, qui permet de construire des imaginaires puissants et de se connecter émotionnellement avec le public.
Dans la pensée conceptuelle de Slalom et UNA/UNLESS, des inspirations venues du cinéma se mêlent pour devenir des traces évocatrices et visuelles. Dans cette perspective, Ecotonos trouve un écho inattendu dans Encounters at the End of the World de Werner Herzog. Dans la géographie iconoclaste de l’Antarctique, où règne un silence absolu, le film révèle que c’est précisément cette condition qui permet d’entrer en résonance avec la nature : un silence qui rend perceptible la fracture de la glace comme une respiration profonde, le souffle lointain des baleines, le vol solitaire d’un albatros au-dessus de l’horizon blanc. De la même manière, l’installation aspire à suspendre le bruit urbain pour redonner de l’attention à ce qui reste habituellement invisible ou inaudible, transformant le silence en un outil d’écoute profonde et de relation interespèces renouvelée.

Du 18 au 21 septembre, les installations d’Open Air Design ont également été le point de départ d’un cycle de rencontres ouvertes au public, conçues comme des moments de dialogue entre disciplines, visions et sensibilités.
Le programme de conférences a été modéré par Francesca Molteni, commissaire, réalisatrice et autrice de films et documentaires. Fondatrice en 2009 de Muse Factory of Projects, une structure qui fait dialoguer créativité, culture et entreprise, elle collabore depuis cinq ans avec BAM à la direction artistique d’Open Air Design.
Le programme, qui a impliqué des designers, acteurs, commissaires, musiciens ainsi que des représentants des entreprises partenaires du projet, promet un parterre éclectique de voix de la ville.
Lors de la conférence inaugurale du 18 septembre, Giulia Foscari a dialogué avec d’autres personnalités marquantes du paysage culturel et créatif — parmi lesquelles Rosita Celentano, Giampiero Judica et Patrizia Sardo Marras, pour n’en citer que quelques-unes — aux côtés de Alida Catella, PDG de Coima Image et vice-présidente de la Fondazione Riccardo Catella, et Caterina Mosca, PDG de Mosca Partners.

La journée du 19 septembre, qui a compté parmi ses protagonistes l’architecte Michele De Lucchi, a été l’occasion d’approfondir la vision conceptuelle des entreprises impliquées, dont Slalom, et d’explorer la relation de plus en plus urgente entre nature, espace public et imagination urbaine.